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Les salaires du secteur public un exemple à suivre

publié le 19 sept. 2011 à 03:27 par David Meyer   [ mis à jour : 19 sept. 2011 à 03:58 ]
On entend souvent dans les débats que les fonctionnaires sont surpayés, qu’ils contribuent à l’augmentation du coût de la vie par leur indexation, mais qu’en est-il réellement ?

I. Comment se caractérisent les salaires en Nouvelle Calédonie par rapport aux salaires métropolitains ?

 En décortiquant les données des études des salaires (Net) de l’INSEE et de l’ISEE, nous arrivons aux conclusions suivantes :

Nos salaires sont une parfaite translation des salaires français. On applique un même coefficient multiplicateur de 1,3 pour les cadres et les professions intermédiaires qu’ils soient du secteur public ou privé. Par contre, dans les catégories employés et ouvriers, deux groupes distincts apparaissent. Le premier groupe, ayant un schéma relativement homologue à celui des cadres, est celui des employés et ouvriers du secteur public. En effet, ils sont, eux aussi, payés 30% de plus qu’en France. Par contre le second groupe, celui des employés et ouvriers du secteur privé, a un coefficient très faible : inferieur à 1 (0,9 précisément). Ce qui signifie que ce groupe de salariés est payé 10% de moins qu’en France !!! 

Tous ces calcules sont également à pondérer par le nombre d’heures travaillées. 35heures/semaine pour la France contre 39 heures/semaine pour la Nouvelle-Calédonie. Ce qui a pour conséquence de diminuer encore plus le taux d’indexation final, sans que cela puisse réellement être quantifié.

Taux « d’indexation réel » des salaires en Nouvelle Calédonie.                    Effet de démultiplication des écarts salariaux

De cet examen des concordances de salaire France/Nouvelle Calédonie nous pouvons en déduire un certain nombre de « vérités » :

II. Trois constats d’importance

- Le taux d’indexation « réel » des fonctionnaires n’est pas de 1,73 mais de 1,3. Une désindexation aurait donc pour conséquence de faire passer les salaires des fonctionnaires calédoniens en dessous de leurs homologues métropolitains et même, pour les plus bas, en dessous du SMG !!! 

- Les salaires nets des cadres, des professions intermédiaires, des employés et des ouvriers sont bien plus cohérents dans le secteur public. Le secteur privé ayant « creusé » les différences entre les salariés. En effet, on constate que les salaires les plus importants sont 30% plus haut qu’en France, mais que les plus bas sont encore plus bas de 10% par rapport aux bas salaires métropolitains !!! Cette répartition a pour conséquence de produire des travailleurs pauvres. 

- Le troisième constat concerne la partie employeur : comme décrit dans un article précédent, les prélèvements obligatoires et les impôts étant inferieurs aux taux français, cela ramène le coût du travail en Nouvelle-Calédonie au même niveau que celui de métropole !!! Donc contrairement à une idée reçue, l’indexation n’as que très peu d’influence sur le coût du travail en Nouvelle Calédonie.

Toutes ces observations, ajoutées au fait que la valeur des biens et des produits est approximativement le double de ceux de la métropole, impliquent que notre pouvoir d’achat est inferieur au pouvoir d’achat des salariés métropolitain ! Avec un point critique pour les ouvriers et employés du secteur privé. N’y a-t-il donc pas un intérêt à appliquer les salaires du secteur public aux ouvriers et employés du secteur privé ?
  
III. Les mêmes niveaux de salaires pour tous.

Le Grenelle de 1968 avait permis la mise en place d’une augmentation, en France, de 35% du SMG. Cette augmentation avait redonné de la croissance par une augmentation significative du pouvoir d’achat. Le taux de croissance ainsi retrouvé avait profité aux entreprises qui avaient gagné en volume de vente.

Se basant sur cette expérience et sur nos constatations, nous militons pour une revalorisation de tous les salaires des ouvriers et employés du secteur privé au même niveau que leurs homologue du secteur public. Cette mesure aurait donc les mêmes effets que celle du Grenelle de 68 avec, en plus, une remise en cohésion de la pyramide des salaires en Nouvelle Calédonie. De plus pour nous, fonctionnaires, cela mettrait fin à des rumeurs sur notre prétendue « sur indexation ».
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