Actualités‎ > ‎

Pourquoi une revalorisation des salaires des fonctionnaires est-elle nécessaire ?

publié le 18 sept. 2011 à 16:34 par David Meyer   [ mis à jour : 18 sept. 2011 à 17:57 ]
I.
  
Le mécanisme

Les fonctionnaires sont, pour leurs rémunérations, sur des grilles de salaire. Un agent se situe sur un indice qui multiplié par une valeur du point, ce qui donne la valeur du salaire. Le passage d’un indice au suivant est proposé au bout de deux ans. La valeur de cette augmentation varie selon la catégorie professionnelle : environ sept milles francs bruts pour un « ouvrier » ou une secrétaire, quinze milles francs pour un technicien supérieur et enfin vingt cinq mille pour un cadre supérieur.
La valeur du point peut également varier chaque année par arrêté du Gouvernement. Par « facilité », et non par une quelconque règle de droit, cette possibilité est utilisée pour répercuter la variation de cette valeur en métropole.
Techniquement le passage d’un indice au suivant, ainsi que l’augmentation de la valeur du point, s’appel le « glissement vieillesse technicité » ou GVT… Ce GVT est pour l’ensemble des fonctionnaires équivalent à deux pourcent d’augmentation sur les dix dernières années (source CLR). Cette valeur moyenne cache des différences importantes. Ainsi la revalorisation du salaire d’un « ouvrier » ou d’une secrétaire est plus proche d’une moyenne de un pour cent, alors que celui d’un cadre supérieur avoisine les trois pour cent par an.
Inutile d’être économiste pour comprendre ce qui va se produire.

II.  Une perte de pouvoir d’achat.

La moyenne de l’augmentation du coût de la vie en Nouvelle-Calédonie a été, sur ces dix dernières années, de deux pourcent (déduit des sources ISEE) avec une accélération du phénomène en fin de période statistique. On pourrait conclure qu’un ouvrier, sur ces dix dernières années, a donc perdu plus de dix pourcent de pouvoir d’achat. Un technicien a conservé son pouvoir d’achat et un cadre supérieur gagné dix pourcent. Mais ce calcul doit être corrigé des augmentations successives de cotisations sociales qui représentent environ dix pourcent du salaire net (source CLR et mutuelle des fonctionnaires). Donc sur la décade écoulée, un ouvrier n’a pas perdu dix pourcent, mais environ vingt pourcent de pouvoir d’achat !!!! Aucune catégorie socio professionnel n’a perdu autant ces dernières années en Nouvelle Calédonie !!! Un technicien a perdu quand à lui dix pourcent de pouvoir d’achat et les cadres supérieurs ont tout juste maintenu le leur !!!
Vous me direz que les régimes indemnitaires (ou primes), obtenu fin 2008 ont compensé ces pertes… Hélas, toutes les statistiques exposées précédemment sont issues de calcul incluant ces « fameuses » primes…
Comme souligné précédemment, l’inflation augmente en fin de période statistique. Pour l’année 2010 elle était de 2,7 pourcent et déjà de 0,8 pour le seul mois de janvier 2011. Ce phénomène, conjugué à un blocage du coefficient multiplicateur sur trois ans annoncé par le Gouvernement français, va conduire les fonctionnaires à voir leur perte de pouvoir d’achat s’accentuer de manière exponentielle !!!
Inutile d’être sociologue pour comprendre ce qui va se produire.
III.  Nos propositions.

Une telle perte de pouvoir d’achat en un laps de temps aussi court ne peut conduire qu’à une situation de tension extrême. Une nouvelle crise majeure de la fonction publique, identique à celle de 2008, est inévitable sans la mise en place rapide de mesures correctives.
 Elles pourraient être de deux types complémentaires et indissociables. La première consisterait en la mise en place d’un mécanisme de compensations sociales pour les catégories C, D, et convention collective (ouvriers, secrétaires etc.…). Ces compensations pourraient être une aide au logement, à la crèche,… tout ce qui, indirectement, leur rendrait du pouvoir d’achat. La seconde, passerait par la mise en place d’un processus de négociation annuel de la valeur du coefficient multiplicateur. Cette mesure permettrait de « coller » les salaires au plus près des augmentations du coup de la vie en Nouvelle-Calédonie.

Comments